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L'Hybridation

(Outcross en anglais)

Comme on a pu le lire en prenant connaissance des origines du sphynx, la race doit son évolution, son type et sa survie, aux hybridations qui ont été effectuées par les éleveurs, pour fixer la race.

Les chatons (dits « F1 ») nés du mariage d'un sphynx et d'un chat porteur de poil seront poilus, mais porteurs du gène « Hypotrichosis Congenita), et remariés à des sphynx, donneront naissance à des chatons nus (dits « F2 »).

La race la plus utilisée a été le devon rex. Mais on utilisa également dans certains programmes d'hybridation, des cornish rex, des burmeses et des siamois, ces derniers apportant à la race les gènes sepia et point (la combinaison de ces 2 gènes donnant la couleur mink).

Actuellement, en France, le standard LOOF n'autorise que les mariages SPHYNX x SPHYNX. Mais avec les réformes en cours, il semble que le pedigree RIEX refasse son apparition, et donc, l'ouverture du livre. Il faudra toutefois attendre confirmation, et ces hybridations ne seront, nous l'espérons, enregistrées que si elles font l'objet d'un programme d'élevage, encadré.

La CFA, autorise jusqu'en 2010, les hybridations.

De nombreux clubs étrangers les acceptent et délivrent des pedigrees RIEX.

Aujourd'hui, pourquoi recourir à l'hybridation ?

Le sphynx est une race qui ne peut malheureusement pas se vanter de posséder un pool génétique très large. De plus, certaines qualités morphologiques de la race tendent à disparaître.

Certaines hybridations n'apportèrent pas que des qualités au type. L'utilisation du cornish, si elle permit d'élargir le pool génétique, favorisa chez le sphynx l'apparition d'un type guère souhaité : nez long et absence de stop.

Au niveau du type, l'hybridation qui fut la plus intéressante, fut celle pratiquée avec le devon rex, qui apporta ses oreilles larges, son nez court et son stop. Le devon apporta aussi, hélas, la spasticity, maladie génétique mortelle propre à cette race, qui touche encore quelques lignées. Elle fut donc abandonnée.

Il ne s'agit pas d'hybrider un sphynx avec n'importe quelle race. Une hybridation doit être l'objet d'un programme d'élevage et d'objectifs précis. Le but est non seulement d'apporter du sang nouveau, mais également de travailler le type du sphynx. Il faut donc choisir une race dont le type morphologique se rapproche de celui du sphynx, mais en tenant également compte, des risques d'introduction de maladies génétiques.

Quelle race utiliser en hybridation ?

Actuellement, le standard CFA autorise 2 hybridations :

  • Sphynx X domestic shorthair (chat de gouttière)
  • Sphynx X american shorthair

Le sndard TICA ne fait pas mention d'autorisation d'hybridation, mais nombre d'éleveurs enregistrés en TICA y recourent, le plus souvent avec des chats de gouttière et des american shorthair. L'hybridation en TICA fera l'objet d'un article supplémentaire quand nous aurons recueilli le point de vue d'éleveurs TICA.

Une hybridation avec l'american shorthair est intéressante pour travailler le type. L'AS possédant en effet un type intéressant, grâce à une morphologie assez cobby, un nez court et stoppé, une tête bien large, qualités recherchées chez le sphynx.

Il faut toutefois être très prudent. En effet, aux USA, certains AS ont été dépistés positifs à la PKD (Polycystic Kydney Disease, maladie rénale à évolution fatale), la maladie ayant été introduite dans la race, par l'apport de persan pour typer l'AS. Les éleveurs ayant de l'AS dans leurs lignées sont vivement encouragés à faire dépister leurs reproducteurs.

Un gouttière dont le type morphologique répondrait aux mêmes qualités, peut être utilisé. Mais il faut savoir que chez ce chat, il y a peu de chances que le phénotype soit fixé (ce chat n'étant issu d'aucune sélection), et aucun pedigree pour étudier son ascendance, donc encore moins de certitudes que dans un mariage sphynx X sphynx, que les qualités morphologiques du chat de gouttière utilisée, soient transmises aux chatons.

Enfin, la population des chats de gouttière est assez fortement touchée par la cardiomyopathie hypertrophique (Source ENV Maison Alfort), juste derrière les maine coon et les persans), et certains chats de gouttière sont également atteints par la PKD.

Ne pas perdre de vue que le choix d'une race pour procéder à une hybridation, doit toujours avoir pour objectif de travailler dans le sens de l'amélioration du type morphologique du sphynx, en prenant en compte les risques d'introduction d'une maladie génétique. Il est donc assez aberrant d'utiliser par exemple, dans un programme d'hybridation, des orientaux, le phénotype de l'oriental étant à l'opposé de celui du sphynx, et on court le risque d'introduire l'amyloïdose qui touche certaines lignées d'orientaux.

Ne surtout pas introduire dans une lignée de sphynx, d'autres races de chats nus, comme par ex, le Don Sphynx, dont la nudité est due à un gène d'allèle dominant (récessif chez le sphynx) et dont le type morphologique est différent de celui du sphynx.

D'une manière générale, il convient, avant d'acquérir un reproducteur, de soigneusement lire le pedigree. N'achetez pas de reproducteur ayant du don sphynx, du peterbald, de l'oriental, du persan etc dans ses lignées.

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